Filtration de l'air pour réduire les infections respiratoires dans les maisons de retraite : l'essai contrôlé randomisé en grappes AFRI avec évaluation pilote interne imbriquée, qualitative et économique

Financement

Institut national de recherche en santé et soins (NIHR) Évaluation des technologies de la santé (HTA) Réf. NIHR129783.

Quel est le problème ?

Les infections respiratoires, comme la toux, le rhume et la grippe, sont fréquentes à tous les âges. Les personnes âgées vivant en EHPAD sont plus vulnérables car elles sont fragiles, souffrent de plusieurs problèmes de santé et les infections peuvent facilement se propager dans les espaces de vie partagés.

Pour les mêmes raisons, les infections chez les résidents des maisons de retraite sont également plus graves ; nombre d’entre eux nécessitent des soins médicaux et des antibiotiques, ce qui contribue à l’antibiorésistance. D’autres requièrent une hospitalisation et beaucoup n’y survivent pas.

Les infections respiratoires se transmettent principalement par l'inhalation ou l'ingestion de gouttelettes en suspension dans l'air contenant des germes. Ces gouttelettes sont produites lorsqu'une autre personne tousse, éternue ou vomit. Il s'agit de la voie de transmission la plus difficile à maîtriser.

Les établissements de soins sont tenus de suivre le ‘ Code de bonnes pratiques du NHS en matière de prévention et de contrôle des infections ’, mais celui-ci se concentre principalement sur la prévention des infections transmises par les mains ou les fluides corporels contaminés et indirectement par les germes présents sur les meubles ou le matériel médical.

Au Royaume-Uni, 220 000 personnes de plus de 65 ans vivent actuellement en EHPAD. Ce nombre devrait doubler d’ici 2040 ; la réduction de la propagation des infections dans ces établissements constitue donc une priorité de recherche.

Quel est l'objectif de la recherche ?

La filtration de l'air semble une solution évidente puisque les filtres à air à haute efficacité (HEPA) éliminent rapidement les germes de l'air et sont désormais intégrés à certains appareils portables disponibles pour un usage domestique.

Depuis des années, des filtres HEPA sont installés dans les blocs opératoires et les services de greffe de moelle osseuse des hôpitaux afin de prévenir les infections. De plus, il a été démontré que le traitement aux ultraviolets réduit les germes présents dans l'air et les infections dans les services hospitaliers.

Cependant, les effets de la filtration de l'air n'ont pas encore été testés dans les services hospitaliers standards ni dans les maisons de retraite.

Comment cela sera-t-il réalisé ?

Nous avons interrogé les résidents, les soignants et le personnel de trois maisons de retraite sur les aspects pratiques de l'installation de purificateurs d'air dans les espaces communs et les chambres des résidents. Ils nous ont indiqué que bien vieillir et rester en bonne santé est une priorité, que l'étude de l'AFRI est une évidence et que les purificateurs d'air devraient être installés avec soin afin de minimiser les risques de chute.

Le personnel appréciait que les purificateurs d'air complètent les mesures de prévention des infections existantes sans perturber le déroulement des soins. Un modèle (de marque Philips) était préféré à celui d'un autre fabricant car il était plus robuste, disposait d'un mode silencieux nocturne et d'un indicateur visuel de la qualité de l'air. Aucun membre du personnel n'était au courant que des résidents utilisaient déjà des purificateurs d'air.

Après avoir autorisé les maisons de retraite à installer des filtres à air dans les espaces communs pendant un hiver (de septembre à avril), nous inviterons les résidents à consentir à l'installation de filtres à air dans leurs chambres et à nous indiquer le nombre d'infections qu'ils subissent.

Nous répartirons aléatoirement les EHPAD en deux groupes (afin qu'ils soient aussi similaires que possible) : un groupe recevra les filtres à air, tandis que l'autre continuera à bénéficier des soins habituels. L'équipe de recherche visitera tous les EHPAD chaque semaine pour mesurer les infections (le personnel nous ayant indiqué ne pas avoir le temps de le faire).

D'après notre expérience, environ un tiers des maisons de retraite et un tiers des résidents souhaitent apporter leur aide. Les autorités de Bristol sont responsables de 186 maisons de retraite et recommanderont le programme AFRI à ces établissements.

Nous avons prévu plusieurs mois pour discuter avec les proches des résidents incapables de participer, par exemple les personnes atteintes de démence, afin qu'ils puissent prendre part à l'étude. Notre protocole tient également compte du risque d'abandon de l'étude (40%) dû à un déménagement, une maladie ou un décès.

Qui dirige la recherche ?

Professeur Alastair D Hay, Professeur de soins primaires, École de médecine de Bristol.

Informations complémentaires :

Pour plus d'informations ou pour participer à ce projet, veuillez envoyer un courriel. bnssg.research@nhs.net.

Les opinions exprimées sont celles de l'auteur (ou des auteurs) et ne reflètent pas nécessairement celles du NIHR ou du ministère de la Santé et des Affaires sociales.